19 décembre 2020

Jupiter – Saturne, de 2000 à 2020

Par olympiaastrologie

En Astrologie, tout est histoire de cycles. Les cycles de l’être humain, pour peu qu’ils tiennent dans le court laps de temps de nos existences… et les cycles de la Terre, plus longs, illustrant mieux le devenir et les messages des civilisations.

Un cycle inter-planétaires, parmi un grand nombre, semble réunir ces deux aspects : Jupiter-Saturne.

Sur ce même site, une vidéo a été réalisée avec Olympia afin d’illustrer la séquence des conjonctions Jupiter-Saturne, qui ont lieu tous les 20 ans, suivant un original jeu de trigones : dans le même élément, trigone après trigone, pendant environ 200 ans… passant d’un élément au suivant, pour construire ainsi un hypo-cycle de 800 ans… et enfin revenir à un semblant de point de départ.

Lien vers la video :

Le lien avec l’être humain est évident. 20 ans, c’est une génération, c’est le passage d’une façon de vivre à une autre, d’un modèle de société (pas de civilisation) au suivant. On peut parler de société de l’an 1940, puis de 1960, puis de 1980, puis de 2000 et bientôt de 2020.

En arrondissant, de conjonction en conjonction, on peut lier les parents aux enfants, puis les enfants aux petits-enfants… Ce fut souvent le cas par le passé, lorsque nous n’attendions guère pour donner vie à nos premiers-nés. Même si c’est moins le cas qu’auparavant, on retrouve dans nos vies personnelles ces strates successives, de la naissance jusqu’aux 20 ans, avant le passage des 40, des 60 et le dernier âge des 80 (ou des 100 si notre Saturne personnel nous le permet).

Les conjonctions Jupiter Saturne depuis 1900

La Loi

Qu’est-ce qu’une conjonction Jupiter-Saturne enseigne aux sociétés ? Ou quels renseignements nous sont donnés à chaque conjonction, sur l’état présent et à venir de notre monde ? Que signifiera cette conjonction spéciale de 2020 ?

Spéciale… car conjointe également à Pluton. Le Grand Maître surveille de près, afin que cette Loi mondiale – à venir – soit intégrée par tous. Une Loi encore plus collective que les autres ? Plus importante ? Plus sérieuse ? S’il existe une force planétaire suffisamment intense pour nous forcer à changer de l’intérieur, et à la collectivité de changer également de vibrations (qu’on résiste ou qu’on se laisse faire, cela ne change rien, c’est juste moins douloureux quand on accepte le changement), c’est Pluton.

Spéciale… car dans le premier degré du Verseau, précédant justement l’entrée de Pluton dans ce signe. La dernière configuration de la sorte eut lieu en 1285 (conjonction Jupiter-Saturne en début de Verseau, et Pluton en embuscade en fin de Capricorne), du temps de la perte de Jérusalem par les Chrétiens, de la chute des Templiers, des Papes d’Avignon. En résumé : une fissure dans l’empire catholique, annonçant la fin de son apogée.

Spéciale… car première d’une long série de 200 ans dans des signes d’Air. Même si une première conjonction eut lieu en Balance en 1980-1981, avant d’achever le cycle des Terre en Taureau en 2000.

Pourquoi parler de « Loi » au sujet d’un cycle Jupiter-Saturne ? Les deux planètes les plus lointaines, les plus imposantes, les plus influentes – gravitationnellement parlant – du ciel visible, avec leur ballet de satellites orbitant autour d’elles, portent la notion même de loi. Pour Jupiter : la loi religieuse, la loi judiciaire, la loi de la société, l’obéissance, le respect, le lien maître-disciple, les études, l’enseignement à intégrer avant de devenir adulte. Pour Saturne : les lois du temps et de l’incarnation, les lois de la vie, de ses obligations, ses devoirs, les lois du corps et de ses limites, du vieillissement, de la restriction, de l’auto-confinement, la loi du Karma, nos verrous internes dont nous sommes seuls responsables. Une loi moins sympathique que celle de Jupiter, plus contraignante, mais fondamentale dans notre compréhension de l’incarnation.

Allier Jupiter et Saturne, good and bad cops, l’expansion et la restriction, l’aisance et le garde-fous contre les excès, c’est allier ces deux formes de lois, la loi de la société et la loi personnelle ; la loi des hommes et la loi de l’homme intérieur ; la loi de notre vie extérieure et la loi de notre vie intérieure ; la loi de l’incarnation et la loi du Karma.

Tous les 20 ans, donc, une nouvelle donne. Un trigone – environ – en avance par rapport à l’ancienne loi… et on écrit de nouvelles lignes, on se donne un nouveau modèle. Le nouveau signe accueillant la conjonction illustre ces nouveaux symboles comme si l’Univers disait « pour ces 20 prochaines années, travaillez là-dessus ! »

Le tout, sous l’oeil de Pluton. La nouvelle planète la plus lointaine (du temps d’avant les télescopes, on pensait que c’était Saturne) éclaire sur comment se transformer, comment le monde, le collectif, va réagir ou non. Pluton transforme, exigent, sans commisération, avec une intensité proportionnelle à notre résistance. 

L’an 2000

Avant de regarder la conjonction 2020 en Verseau, regardons la précédente, celle du 28 mai de l’an 2000. Dernière de la série de 200 ans Terre (série commencée en 1802), après les Lumières de la série Feu 1600-1800), elle conclut cette séquence marquée par la révolution industrielle, la spéculation financière (le cycle des Rougon-Macquart d’Emile Zola illustrant le début de cette période, résonne encore aujourd’hui dans notre société de début XXIe), d’énormes progrès scientifiques, de changements géopolitiques majeurs (fin des empires et quasiment des monarchies), de guerres mondiales, de pollution des terres et des mers, de conquête spatiale, de déclin du Christianisme et d’explosion des frontières, au sens propre comme au sens figuré.

Concernant la « loi » de l’an 2000 : Jupiter et Saturne sont conjoints vers 23° du Taureau. Pluton, de l’autre côté est à 12° du Sagittaire et Uranus applique un carré à ce point de Loi, en 21° du Verseau.

Il est évidemment toujours facile de regarder un Ciel 20 ans après les faits et de dire « pourquoi ça s’est passé comme ça ». Mais un Astrologue de l’An 2000 s’intéressant aux Etoiles aurait sûrement noté que Pluton était sur Antarès (le coeur rouge vif du Scorpion) et la conjonction Jupiter-Saturne dans la zone d’Algol (la tête coupée de Méduse, le tête du Démon). Même sans manichéisme, on parle de « maléfisme » au sujet de ces étoiles. Les deux réputations les plus difficiles de nos Cieux ! Tout ce qu’il y a de mortifère, de violent, de fourbe en l’humanité… pouvait s’exprimer. Uranus, sur Deneb Algedi, vraie figure d’autorité, n’était pas en reste : Uranus sur pareille étoile, en carré avec la conjonction sur Algol, porte le message suivant « je ne respecte pas les lois de la vie et de la mort si j’estime avoir raison ».

Le Thème de la conjonction Jupiter-Saturne de l’an 2000

Peu de temps après cette conjonction, notre Concorde national s’écrasa. Les mots parlent d’eux-mêmes… pour cet avion, merveille technologique au patronyme si joli et utopiste, aujourd’hui disparu. Peu après, le Moyen-Orient s’embrasa encore et une série d’attentats débuta. New York, Madrid, Bombay, Londres, Paris, Nice, Boston, beaucoup de villes en Afrique, une véritable internationalisation de la violence. Plus besoin de guerre mondiale intentée par les dirigeants et les gouvernements : ces nouvelles guerres se mènent quasiment individuellement. 

Les messages d’Algol, Antarès et Deneb Algedi sur nos 4 planètes collectives sont : « si je suis sûr d’avoir raison, si ce que je ressens est la vérité, alors j’ai le droit d’intenter à la vie d’autrui ». Robespierre, Mao et Staline réincarnés au XXIe siècle.

La planète Neptune, sur l’étoile Algedi, étoile du sacrifice religieux, favorise ces champs de force.

Cette configuration 2000-2020 nous enseigne qu’il n’y a plus besoin de guerre mondiale, institutionnalisée, pour répandre l’horreur dans le monde. Ces attentats terroristes ont heureusement moins pesé en terme de nombre de victimes, comparés aux guerres mondiales ou la guerre froide du XXe siècle. Les guerres du présent sont menées au nom de convictions individuelles, d’envies de se sacrifier et de purifier son environnement au nom d’idées, et non pas pour défendre un territoire ou une façon de vivre.

Pourquoi en Taureau alors ? Signe spirituel (tous le sont, mais le Taureau porte l’image du Sacré), pourquoi la conjonction Jupiter-Saturne en son sein a-t-elle libéré les tueurs de proximité ? La présence d’Algol y est pour beaucoup, et en Taureau, avec le carré d’Uranus et la position sanglante de Pluton, on cherche aussi à imposer ses idées, on s’identifie à ses croyances. De la folie et une non-retenue, sans compassion, sans pitié, font qu’on passe à l’acte. Uranus et Neptune en Verseau ne servent pas de garde-fou, au contraire, ils exaltent ce passage à l’acte, ils déconfinent, ils décomplexent, et mêmes les nouvelles technologies se retournent contre les pays en paix pour aider à l’organisation des massacres, que Pluton sur Antarès rend violents.

La loi du Taureau, durant cette période 2000-2020, pour ceux qui n’avaient pas cette violence à exprimer, suivit des chemins également illustrés par le carré Uranus en signe d’air avec Jupiter-Saturne en Taureau. 

En effet, quand Taureau et Verseau se vivent bien, on réussit à allier conformisme et modernité, on élit un dirigeant mi-conservateur, mi-progressiste (Obama, Merkel, Macron…), on sort de toute dualité politique (gauche, droite et ces trop vieilles querelles inadaptées au monde moderne), on trouve le juste milieu en prenant conscience que les opinions trop tranchées ou révolutionnaires ne peuvent perdurer et n’apportent pas le bonheur escompté au peuple. Seuls les meneurs gagnent lors d’une révolution (La ferme des animaux, George Orwell). 

Dans sa version plus pessimiste, Taureau et Verseau s’entêtent dans des opinions tranchées, des croyances, persuadés de détenir le savoir sans discussion possible. Sans nuance, ils s’enferment dans les idées reçues.

Le cycle 2000-2020 n’a pas seulement vu l’émergence de nouvelles technologies de l’information (la merveille Wikipedia serait le symbole doré de ce cycle), elle a aussi vu l’émergence de l’ère de l’opinion.

Apparue en France dans les années 90 dans des émissions de radio qu’on qualifierait aujourd’hui de populistes, cette nouvelle façon de communiquer a donné la parole à tout le monde. La “libre-antenne”, le concept de “les auditeurs ont la parole”, le “c’est vous qui faites l’actualité”. Radio, télé, internet, blogs, réseaux sociaux… non seulement la parole est donnée à tous (particulièrement, les concepteurs-diffuseurs laissent la parole à ceux qui ont le plus de colère à exprimer) mais surtout on donne à la société cette sensation que l’opinion est la base de tout.

Un sujet d’actualité = une opinion.

Une élection à venir, même dans un pays lointain = une opinion.

Un sujet scientifique = une opinion.

Un fait divers people = une opinion.

Une interview d’un politique = une opinion.

Un match de foot = une opinion. Un film au ciné = une opinion.

Ou plutôt, à chaque fois : des dizaines de millions d’opinions. A confronter. A communiquer.

Ecouté, il y a quelques années, près de la machine à café au travail, un monsieur proche de la retraite qui me toise au sujet d’une élection syndicale : “quoi, tu n’as pas d’opinion sur l’élection ? tu n’as pas de conviction ?”

Taureau et Verseau parlaient dans sa bouche. Pas d’opinion, pas de certitude = pas de personnalité. A-t-on encore le droit de ne pas avoir d’avis sur quelque chose ? De simplement dire “ce sujet n’a pas d’importance”. Va-t-il changer ma vie ? Me rendre plus heureux ?

Jean Gabin est loin désormais : “Maintenant je sais… je sais qu’on ne sait jamais.

Désormais, les choses empirent année après année. “67% des Français pensent que…”. Et alors ? Les journalistes lancent des sujets, en débattent des heures, parlent fort, font semblant de s’extasier et se passionner, invitent toujours les mêmes référents-experts (le film Les nouveaux chiens de garde illustre le fait), font parler des spectateurs qui n’y connaissent pas grand-chose, ne font pas avancer le sujet, brassent du vent et entassent des milliers de giga-octets de futilités dans les data-centers (source de grande pollution, au demeurant). Certains artistes subissent de plein fouet des censures d’opinion, on condamne sans preuve, sans passer par la case Justice (la vraie Justice, victime de ce carré Verseau-Taureau est aux oubliettes), la forme prévaut sur le fond de façon sidérante (et pas sidérale). L’ère de l’opinion a de fait donné naissance à l’ère de la pensée unique (Taureau-Verseau, encore).

Victimes collatérales de la dictature de l’opinion et de l’information : la vérité et la pondération. Les fake news se multiplient, les élections sont truquées non pas par le compte des voix mais par la multiplication de fausses nouvelles. Un député fait une déclaration… dix minutes plus tard, le contraire de ce qu’il a dit est émis sur des millions de comptes Twitter, Facebook, WhatsApp et autres. Deux gagnants : les populistes et les conspirationnistes. Les fascistes des années 30 se seraient bien amusés avec pareils gadgets.

La conjonction Jupiter-Saturne de 2020 en début de Verseau arrive dans cette période. Et ce n’est pas un hasard qu’elle survienne dans ce contexte de Covid et de confinement.

Au terme de cette année où même sans fréquenter les réseaux sociaux et les médias d’opinion, on ressent l’oppression des fake news, des avis “hyper professionnels” de chirurgiens qui n’existent même pas ou qui ont envie de passer sous les feux de la rampe et par conséquent parlent sans preuve, sans recul.

Au terme de cette année où la sagesse serait de dire “personne ne comprend vraiment ce qu’il se passe”.

Au terme de cette année où le lundi, quelqu’un peut dire “Mais non, le gouvernement aurait dû faire ça !”, puis le jeudi le contraire. (dans tous les cas, celui qui a tort : c’est le gouvernement, évidemment)

Au terme de cette année où des gens ayant Bac+5 disent que la France est une dictature (vite, une machine à voyager dans le temps, pour leur offrir un séjour dans une vraie dictature, et leur expliquer la différence et le sens de la nuance), que le virus n’existe pas, que le gouvernement veut que nous ne bougions plus et que nous ne vivions plus (naïvement, on pouvait penser que le principal souci d’un gouvernement est de se faire réélire, donc de ne pas prendre de mesure impopulaires ?).

Etrangement, moins de gens s’offusquent du fait que peut-être, éventuellement, en y réfléchissant deux minutes… remettre en cause nos modes de vie de tourisme de masse, de consommation de produits manufacturés à l’autre bout du monde, de déplacements trop nombreux, de surconsommation de viande… ce ne serait pas la clé de la compréhension de la crise du Covid ? Plutôt que croire que des gouvernements secrets ont manigancé le fait de nous confiner malgré nous, que Bill Gates fait du traffic de neurones dans des usines cachées sous terre, que le ministre nous piste dans nos déplacements. Mais quand le Taureau est convaincu de quelque chose, n’en démord pas, et que le Verseau veut croire à des thèses incroyables, le mélange est détonnant.

2020

Prudence avec cette conjonction dans le premier degré du Verseau, c’est ce phénomène d’externalisation, d’accusation d’autrui. Le gouvernement sert de cible à toutes les colères. Tout cela est émotionnellement très compréhensible, des gens traversent des périodes vraiment difficiles. Mais ce jeune Verseau () intransigeant, révolté, colérique, ne se trompe-t-il pas d’ennemi ? La moindre information – vraie ou fausse – trouvée sur internet est-il un remède pour apaiser sa colère ? L’homme est dangereux quand il se trouve des coupables en connexion avec ses propres frustrations.

La conjonction Jupiter-Saturne de 2020

A priori, les aspects et l’utilisation des Etoiles (Altaïr, de la constellation de l’Aigle, accueille le rendez-vous Jupiter-Saturne) rend cette conjonction plus légère que celle de l’An 2000. Le côté préoccupant, c’est le côté jeune, naïf. Elle a lieu dans le premier degré du Verseau et c’est la première de la série Air. Or en Astrologie, tout ce qui est nouveau et début de cycle, manque de maturité, donc de conscience. A choisir, une conjonction en fin de Capricorne, le signe le plus sage, comme ce fut le cas en 1961 (les Trente Glorieuses) n’aurait pas été de refus.

En analysant de façon optimiste cette conjonction, quelque chose de vraiment nouveau peut se mettre en place. Quelque chose liée à l’intelligence collective. La crise sanitaire peut surtout devenir une crise sur le mode de vie et la façon de consommer. Donc une nouvelle façon de se comporter vis à vis de la Terre et des autres. Faire travailler le menuisier du coin au lieu de faire venir une latte de lit dans un paquebot en provenance de Chine (anecdote tirée du film Effacez l’Historique, avec Blanche Gardin). Prendre du recul sur la façon d’enseigner aux enfants, changer et innover dans les méthodes pédagogiques (on ne peut plus enseigner les mêmes choses aux enfants, qui sont par définition dans leur salle de classe hyper sensibles à la dynamique de Jupiter et Saturne… devant le professeur Jupiter, dans un environnement Saturne). Moins se déplacer, brasser moins d’air (rappelons-le : 200 années de conjonction en signes d’air à venir).

Pluton tourne depuis près de 15 ans dans le Capricorne, sa rencontre avec Jupiter et Saturne en 2020 a pu imprégner ces planètes de la sagesse du Capricorne.

Neptune est à la maison, en Poissons, sur la belle étoile Achernar, étoile d’ouverture, de tolérance.

Pour conclure, de façon plus individuelle, chaque conjonction Jupiter-Saturne doit aussi être analysée dans le cadre d’un Thème Natal. Principalement, la Maison qui accueille la conjonction accueille une nouvelle loi de vie, un nouveau règlement intérieur. Pourquoi pas une petite révolution dans cette maison, l’occasion de passer à l’octave supérieur. Une façon de mieux la vivre, en n’oubliant pas le principe même de ces deux planètes : Saturne filtrera ce qui est essentiel à la vie de la personne, il ne donnera pas plus que le nécessaire, mais avec Jupiter, il le donnera pour à terme considérablement améliorer la condition liée à cette maison.